Vincent a la pointe du Hoc
Installée sur une falaise haute de 40 mètres la Pointe du Hoc ,ces batteries de 155mm sont une épine dans le dos du commandement allié. La seule possibilité pour l'investir sera de l'escalader, la mer en contrebas représentant un risque trop important pour une opération aéroportée. Cette mission presque irraisonnée sera confiée au 2e bataillon de Rangers du Lt-Colonel Rudder, unité d'élite dont l'entrainement en Angleterre est à la hauteur de l'impossible qui lui est demandé.
Le 6 juin 1944 à 6h30, les barges de la première
vague se présenteront face à la falaise et seront rejointes 30 minutes plus tard par le reste du bataillon qui compte 750 hommes. Or, une erreur de navigation due au chaos qui règne d'emblée sur le secteur d'Omaha Beach ou les équipes d'assaut de la 1ère D.I sont en train de s'y faire massacrer, dirigera les Rangers face à la Pointe de la Percée : 3 kilomètres à l'ouest !.... Il faut faire machine arrière ; l'assaut commence avec une demi-heure de retard, détail catastrophique car les 200 Allemands servant la position ont eu le temps de se ressaisir.
Les Rangers sont accueillis par une grêle de balles, d'obus de mortiers, de grenades à manche. Leurs cordes trempées ne leur permettent pas d'escalader la falaise, même pour les acrobates qu'ils sont. Certains tenteront l'ascension à mains nues, avant de se briser le dos en contrebas pour la plupart.
Après de longues minutes au c½ur de l'enfer, les premiers éléments réussissent enfin à se hisser au sommet de la position : ils y découvrent un paysage d'apocalypse , le terrain est éventré par les 600 tonnes de bombes de l'aviation, le sol est jonché de cratères monstrueux et de décombres. Profitant d'un système de souterrains reliant les casemates les unes aux autres, les Allemands apparaissent et disparaissent à volonté, chaque tir tue, les Rangers s'écroulent un à un, mais continuent de s'accrocher à la Pointe du Hoc. Petit à petit, l'équilibre va se rétablir. En milieu de matinée, la batterie tombe enfin. Mais elle vide, atrocement vide de toute pièce d'artillerie. Ce renseignement pourtant transmis par la résistance Française avait été reçu trop tard pour être confirmé. Les Rangers avaient été décimés pour des casemates vides... Tout ça pour rien, alors ?.
On leur avait confié une mission, ils l'avaient exécutée, c'est tout. Leur martyre n'est pas terminé, ils repousseront plusieurs contre-attaques Allemandes jusqu'au 8 juin 1944.
Il ne reste plus alors que 90 hommes en état de combattre, c'est à dire ceux qui n'étaient pas morts, prisonniers ou amputés d'un membre, car même les survivants étaient blessés dans leur grande majorité..